Serigne Babacar SY

SERIGNE BABACAR SY

(1885–1957)

Premier Khalife de Maodo

serigne babacar sy

Continuité de l’œuvre

Il est le symbole de la perpétuation de l’œuvre de Cheikh El Hadji Malick Sy disparu en 1922 dans un contexte de grandes interrogations sur le devenir d’un véritable projet de société et d’une Tijaniyya en mutation eu égard à son urbanisation, son expansion et devant faire face à de nombreux défis.

Au-delà du fait d’avoir surmonté ce que d’aucuns pouvaient voir comme l’obstacle de l’âge, voici le premier Khalife de Maodo, seulement âgé de 37 ans, s’imposer comme le référent incontesté de son temps en matière de sagesse et de conseils avisés et toujours constructifs. Référent, il le sera aussi bien pour ses pairs des différentes maisons religieuses que pour une classe politique rompue aux stratégies et aux modes de lutte de l’époque.

Serigne Abdoul Aziz Sy Al-Amîn (RTA) ne cessait de confesser que sa plus grande préoccupation était de préserver le legs béni des anciens et d’y consacrer toute sa vie et son énergie dans le sillage de ses devanciers.

Responsabilité de la jeunesse

C’est là le défi qui interpelle toute jeunesse se réclamant de l’enseignement de Serigne Babacar Sy. Mais se donne-t-elle assez les moyens d’une telle mission pour mériter un héritage qui est à la fois un honneur et une charge ? A-t-elle suffisamment mesuré la complexité de la responsabilité de perpétuer l’enseignement de Cheikh El Hadji Malick Sy ?

Ancrage de la Tarîqa

Si Maodo avait été l’artisan d’une islamisation par décentralisation, Serigne Babacar Sy releva à son tour le défi de la perpétuation et de l’ancrage géographique et social de la Tarîqa, en mettant en place des cadres de socialisation confrérique aux déclinaisons multiples, du quartier à la région, de la ville aux plus petits villages (les dâ’ra).

Il fit émerger au cœur de la haute fonction publique une structure permettant aux cadres de l’administration de concilier harmonieusement réussite professionnelle et cheminement spirituel : la dâ’iratul Kirâm, composée des élites du service public de l’époque. Cette initiative marqua une étape décisive dans la réforme organisationnelle du soufisme sénégalais.

Éthique et leadership

À la disparition de Maodo, de grands intellectuels évoquèrent l’effondrement d’un pilier majeur de l’islam au Sénégal. Serigne Babacar Sy sut incarner la continuité, ajoutant à l’œuvre de redressement un style nouveau fait de fermeté dans les principes et d’incarnation exemplaire de l’éthique.

Au-delà des célèbres recommandations, Serigne Babacar Sy posa une limite essentielle à toute action : le respect absolu de l’éthique. La formation de l’homme devait reposer sur la vérité, l’honnêteté, la dignité morale et la loyauté, même dans l’épreuve et face à l’adversité.

La fidélité, la loyauté et la constance constituaient le cœur de sa pédagogie morale. Ces valeurs, exprimées à travers des maximes fortes, devaient structurer à la fois la vie spirituelle et la vie sociale, garantissant un ordre éthique durable.

Rupture avec les conformismes

Dans un contexte encore marqué par les séquelles d’une société féodale et par des conformismes coutumiers, Serigne Babacar Sy poursuivit la rupture conceptuelle amorcée par Maodo, en réaffirmant une relation spirituelle fondée sur la filiation morale et non sur la domination charismatique.

Paternité spirituelle

Serigne Babacar Sy fut le père spirituel de tous. Aujourd’hui encore, il demeure une figure tutélaire pour une jeunesse qui admire ses qualités morales à travers les récits, les poèmes et les chants qui perpétuent sa mémoire.

Par-delà les générations, le pacte spirituel qu’il incarna demeure vivant. Plus de soixante ans après, des disciples qui ne l’ont connu qu’à travers son effigie renouvellent sans cesse leur allégeance, animés par une soif intacte de spiritualité et d’éthique.

Héritage vivant

Au-delà de la commémoration, l’héritage de Serigne Babacar Sy interroge chaque génération sur sa capacité à porter les valeurs morales, spirituelles et sociales nécessaires pour affronter les défis de son temps et perpétuer une œuvre toujours vivante.

Repères

Autres figures

Fédération La TIGIANYA

La Fédération La TIGIANYA œuvre pour la promotion des valeurs spirituelles, sociales et culturelles de la Tidjaniyya.